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5 Que signifie réellement REDD ?

Les REDD, comme le commerce du carbone, sont une fausse solution aux changements climatiques mise de l’avant par les Nations Unies, la Banque mondiale et les sociétés criminelles du climat comme Shell,[1] Chevron et Rio Tinto.[2] Ils permettent aux pollueurs de continuer de brûler les combustibles fossiles sans aucune obligation de réduire leurs émissions à la source. Si l’on peut prétendre que REDD signifie « Réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation des forêts, » dans la pratique, il signifie réellement engranger les profits découlant des évictions, de l’accaparement des terres, de la déforestation et de la destruction de la biodiversité.[3] Les REDD représentent un accaparement de terres mondial et une gigantesque arnaque de compensation carbone. Même les Nations Unies reconnaissent que les REDD pourraient produire « un verrouillage des forêts, » « une perte de terres » et « de nouveaux risques pour les pauvres de la planète.[4] »

Et quand s’ouvriront les vannes de cet assaut ?

C’est en 2015, lors du Sommet mondial de l’ONU sur le climat, que l’Accord obligatoire de Paris sera signé. En septembre à l’Assemblée générale des Nations Unies, les États membres ont déjà adopté le programme de développement post-2015. Ces deux cadres internationaux majeurs mettent de l’avant le controversé agenda de l’économie verte que beaucoup de groupes de la société civile ont rejeté parce qu’il fait la promotion de la financiarisation de la nature en appliquant les mécanismes REDD et d’autres mécanismes axés sur le marché.

La mise en œuvre de l’Accord de Paris commencera très probablement en 2020. Cependant, la déclaration de New York sur les forêts adoptée à l’ONU en 2014 appelle à un mécanisme REDD avant et après 2020. La « bancabilité » des crédits de carbone pourrait permettre une accumulation de crédits de carbone REDD au cours des prochaines années alors qu’ils sont relativement abordables, leur stockage ou dépôt en banque et ensuite leur utilisation lorsque la mise en œuvre battra son plein.

Les principaux promoteurs des REDD incluent des pays industrialisés comme la Norvège, l’Union européenne, les États-Unis, l’Australie, le Japon, la Chine et le Brésil ainsi que l’État de la Californie. Aux côtés des gouvernements nationaux, les sociétés multinationales et transnationales des mines, de la forêt, de l’agrochimie, des pâtes et papiers mènent l’offensive.

Le graphique ci-dessous « Who benefits from REDD? Players and Power » fournit un instantané des forces derrière REDD et révèle que, loin de protéger les forêts et l’environnement, la plupart des promoteurs de REDD les détruisent.

 

Who benefits from REDD? Players and Power Carbon Trade Watch et Indigenous Environmental Network

Source : Who benefits from REDD? Players and Power[5] Carbon Trade Watch et Indigenous Environmental Network

Les lignes de front de l’offensive REDD sur la planète

Il s’avère utile de commencer à visualiser l’expansion géographique des REDD. Puisque les REDD se sont d’abord concentrés sur l’accaparement des forêts de la planète, jetons un coup d’œil sur l’emplacement des principaux écosystèmes forestiers de la Terre. Il serait important de faire un exercice de cartographie similaire des terres fertiles de la planète, de paysages REDD et de l’agriculture intelligente face au climat de manière à calculer la quantité totale de terres qui pourraient être accaparées à travers ces mécanismes.

La carte ci-dessous situe les trois plus importantes forêts encore existantes de la planète. Ces trois systèmes forestiers constituent des priorités pour l’économie verte, pas juste en termes de mainmise sur les terres pour obtenir des crédits REDD.

 

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Carte des forêts de la planète World Forest 2010 Map[6]

Les effets des REDD

Les REDD en Afrique ont plusieurs effets, notamment les accaparements massifs de terres, le colonialisme par le carbone, la servitude et l’esclavage du carbone, les menaces à la survie culturelle, les évictions violentes, au moins un homicide, des plantations immenses, la persécution et la criminalisation des militants, la corruption, les arnaques et escrocs du carbone, et l’écoblanchiment des entreprises.

Plusieurs organisations ont publié des rapports inédits qui documentent ces effets, y compris le Réseau Pas de REDD en Afrique dans Les pires projets REDD en Afrique, La Via Campesina dans un exposé sur le projet N’hambita, et l’étude de cas de Timberwatch sur les plantations de puits de carbone en Tanzanie dans le cadre du MDP.[7]

Il faut aussi lire le rapport d’Amis de la Terre-France sur Air France et REDD au Madagascar,[8] car les compensations REDD des lignes aériennes deviennent de plus en plus populaires et une grande partie des soi-disant compensations pourraient bien être faites en Afrique.

Il faut mener une étude sur les coûts comparatifs par région de l’établissement et du maintien de plantations d’arbres pour déterminer s’il est moins dispendieux d’effectuer ces compensations en Afrique et si, par conséquent, les pressions sont plus fortes pour accaparer les terres africaines pour les REDD et « arboriser » l’Afrique comparativement à d’autres régions. À ce titre, le rapport sur les REDD de GPL prévoit qu’une grande partie des REDD sera exécutée en Afrique.[9]

Les recherches du Réseau Pas de REDD en Afrique montrent que les pays du bassin du fleuve Congo (Cameron, République démocratique du Congo, Congo et République centrafricaine), l’Ouganda, le Madagascar, le Kenya, la Tanzanie et le Mozambique sont sur les lignes de front des REDD en Afrique.


  1. « Shell bankrolls REDD, Indigenous Peoples and environmentalists denounce », communiqué de presse dans la page Web à http://www.redd-monitor.org/2010/09/08/indigenous-environmental-network-and-friends-of-the-earth-nigeria-denounce-shell-redd-project/
  2. « Rio Tinto, an international mining company infamous for violating human rights and causing environmental destruction, promotes REDD. » http://www.carbontradewatch.org/publications/no-redd-a-reader.html UICN – « Rio Tinto Facilitated Workshop Summary » http://cmsdata.iucn.org/downloads/workshop_summary.pdf. « Carbon Conservation signed a REDD-deal with Rio Tinto in 2007 » http://news.mongabay.com/2009/0726-redd_tasmania.html. « The Financial Costs of REDD » http://cmsdata.iucn.org/downloads/costs_of_redd_summary_brochure.pdf. « Rio Tinto: Global Compact Violator » http://www.corpwatch.org/article.php?id=622. « Rio Tinto: A Shameful history of Human and Labour Rights Abuses » http://londonminingnetwork.org/2010/04/rio-tinto-a-shameful-history-of-human-and-labour-rights-abuses-and-environmental-degradation-around-the-globe/
  3. Indigenous Environmental Network, op. cit.
  4. « UN-REDD Framework Document » http://www.undp.org/mdtf/UN-REDD/docs/Annex-AFramework-Document.pdf « A Poverty Environment Partnership (PEP) Policy Brief, based on the full report Making REDD Work for the Poor » (Peskett et al, 2008)  https://www.odi.org/sites/odi.org.uk/files/odi-assets/publications-opinion-files/3453.pdf
  5. Carbon Trade Watch et Indigenous Environmental Network, « Who Benefits from REDD? » http://www.carbontradewatch.org/publications/some-key-redd-players.html
  6. FAO, « World’s Forest Map, » http://www.fao.org/forestry/fra/80298/en/
  7. Timberwatch, « CDM Carbon Sink Plantations, A Case Study in Tanzania. » http://timberwatch.org/uploads/TW%20Tanzania%20CDM%20plantations%20report%20low%20res%20%281%29.pdf
  8. Basta ! et Amis de Terre, REDD à Madagascar : Le carbone qui cache la forêt http://www.criticalcollective.org/wp-content/uploads/REDD_madagascar_fr.pdf
  9. GLP REDD Report, p. 50 http://start.org/Publications/REDD_Report.pdf

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